Cabinet medical : la question des élus au Conseil municipal

Comme beaucoup d'autres communes de France, Brioude est en passe de devenir un désert médical.
Il n'y a plus assez de médecins généralistes pour répondre aux besoins des brivadois. La situation est préoccupante et risque de s'aggraver puisque deux médecins sont susceptibles de cesser leur activité dans un avenir proche.

Selon les estimations faites par le Comité de vigilance de l'hôpital public de Brioude (dont vous êtes membre), 8 à 10 % de la population ne disposerait pas ou plus de médecin traitant, au risque de se voir pénalisé pour le remboursement des soins. Un nombre important de brivadoises et brivadois se sont retrouvés contraints d'avoir un médecin dans une communes environnante, éloignée de leur domicile et devant supporter de ce fait des frais supplémentaires.


La population s'inquiète.

Lors du conseil du 18 juillet 2015 (suite à une question posée par les élus du Front de Gauche) vous avez dévoilé à notre assemblée le projet d'installation de cabinets médicaux provisoires au rez-de-chaussée de l'hôtel interconsulaire. Cet aménagement pouvait être réalisé à faible coût, dans des délais très courts (2 à 3 mois).

Fin janvier 2017, après une médiatisation sur cette pénurie de médecins, vous avez provoqué une réunion avec les différents acteurs : professionnels de santé, hôpital de Brioude (dont vous êtes le Président du Conseil de surveillance), Agence Régionale de Santé, Ordre des médecins, coordinateur de la charte de cohésion sociale du pays de Lafayette, Comité de vigilance de l'hôpital public de Brioude, élus.
A cette occasion, vous avez déclaré "nous pouvons déclencher les travaux à l'hôtel interconsulaire quand nous voulons" et "qu'il fallait aller vite". A l'issue de cette réunion, un groupe de travail en charge de projet d'une maison pluridisciplinaire a été constitué.

Le 12 avril 2017, le Conseil communautaire qui a, depuis 2015, la compétence pour la mise en œuvre d'actions visant à étudier la problématique de la désertification médicale, décidait d'inscrire à son budget la somme de 50 000 euros nécessaire aux travaux dans l'hôtel interconsulaire, somme qui pourrait bénéficier des financements de la Région ou du département dans le cadre du contrat 43.11 et du LEADER.

Cette solution était donc peu coûteuse (au regard du budget de la communauté de communes et comparativement à d'autres projets beaucoup plus onéreux et discutables).
Cette solution était réalisable rapidement car elle pouvait se faire en lien avec le cabinet Montlaison, prêt à s'agrandir et qui disposait alors d'un vivier de stagiaires, internes, médecins remplaçants susceptibles de s'installer.

Parallèlement, se mettait en place un projet, mené par un opérateur privé, d'une maison de santé dans l'immeuble Flore dont les locaux ne seraient pas disponibles avant fin 2018. Un médecin, exerçant déjà dans une commune proche, projetait de s'y installer.

Aujourd'hui où en sommes-nous ?

Les travaux dans l'hôtel interconsulaire qui auraient pu et dû commencer en septembre n'ont pas été réalisés.

Le Conseil communautaire du 26 septembre 2017 n'a pas retenu la création d'une maison médicale dans ses projets présentés au titre du 43-11 au département de la Haute Loire, comme il s'y était engagé en avril.

Les médecins du cabinet Montlaison, visiblement découragés par à une situation qui n'avançait pas, semblent ne pas vouloir s'impliquer davantage.

La maison médicale escomptée dans l'immeuble Flore rencontre des difficultés à se mettre en place, faute de trouver des professionnels de santé intéressés et à l'absence d'un véritable projet médical qui la ferait bénéficier de subventions.

Quant au groupe de travail mis en place le 31 janvier 2017 (et dont vous vous êtes par ailleurs le Président), il ne s'est réuni à notre connaissance qu'une seule fois depuis sa création.

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Nous savons tous que le problème n'est pas facile à résoudre. Nous savons également qu'il est d'autant plus difficile d'attirer des médecins sans avoir de cabinet à proposer.
Pourtant d'autres communes, d'autres communautés de communes, d'autres collectivités ont su trouver des solutions à la pénurie de médecin : par la création de maison ou centre de santé, par des mesures incitatives, par des solutions parfois innovantes comme le recrutement de médecins salariés.
Près de nous, à Langeac, à Paulhaguet, à Saugues, par exemple, des solutions ont été trouvées pour faire reculer le désert médical.

Aujourd'hui, notre population vieillissante est plus préoccupée de trouver un médecin traitant que de franchir une passerelle himalayenne à la Bajasse.

Certes la compétence santé a été transférée à la Communauté de communes, mais le problème de la désertification médicale nous concerne tous. Elle est de la responsabilité de tous les élus.

Nous vous demandons, Monsieur le maire, Monsieur le Président de la Communauté de communes, de nous faire un point sur la situation et de nous indiquer quelles solutions sont aujourd'hui envisagées pour résoudre le problème de la pénurie de médecins.

Brioude, le 14 décembre 2017

https://drive.google.com/open?id=1J16b5T2HpjCzHyvPfuCa5VCMMSZCMdgb