Un musée d'art moderne à Brioude, le centre aqualudique... ...ou comment l'argent de tous ne profite pas à tous !

La campagne des Municipales de Brioude nous a appris une chose essentielle : le budget est la clé de toute politique, locale ou nationale.
Ne rêvons pas. Toute collectivité a des possibilités financières (recettes fiscales ou autres) et décide de les répartir sur différentes dépenses. L'intérêt collectif, de tous, doit primer.

Il fallait une nouvelle piscine à Brioude, l'ancienne étant à bout de course. Les enfants doivent pouvoir nager et les adultes aussi. Mais pourquoi un équipement similaire à ceux du Puy et d'Issoire, coûtant forcément plus cher qu'une simple piscine, avec des frais de fonctionnement obligatoirement plus élevés et donc des prix d'entrée qui suivront ?

Toutes les écoles de Brioude allaient à l'ancienne piscine, certaines classes à pied, ce qui libérait des crédits pour la pédagogie. Maintenant, elles iront toutes en car. Pour quel coût ?
Toutes les familles de Brioude pourront-elles payer les nouveaux tarifs ? La rentabilité du nouvel équipement est-elle vraiment assurée ? Sa gestion par un privé nous reviendra-t-elle vraiment moins cher, en comptant tout, qu'une régie publique ?
Les habitants de la communauté de communes ont-ils vraiment choisi de payer pour que les touristes de La Bageasse aillent à la piscine à pied, ou que les personnes voulant transpirer dans un sauna puissent le faire à Brioude au lieu d'Issoire ?

Le projet de Musée d'Art Moderne dans l'Hôtel du Doyenné (bâtiment de l'Office de Tourisme) pose le même problème. Si le bâtiment nécessite des réparations, ok.

Mais la Maison de Mandrin fonctionne à la satisfaction générale. Brioude et sa région ont-elles besoin d'un nouveau musée, surtout payant, et accueillant des expositions choisies par un individu habitué aux artistes de Saint-Paul de Vence. Cette localité des Alpes-Maritime possède une tradition ancienne, établie solidement, dans l'accueil d'artistes internationaux. Et Brioude ?
Les touristes et les locaux vont-ils s'y précipiter et, là encore, assurer sa rentabilité, ou, là aussi, faudra-t-il des crédits publics pour boucher le trou ?
Question subsidiaire : ce musée aura-t-il une gestion privée ?

Brioude possède une École de Musique. Pourquoi n'aurait-elle pas sous les plafonds lambrissés du Doyenné une École des Beaux-Arts, en collaboration bien sûr avec toutes les personnes et toutes les associations qui travaillent déjà dans ce domaine, et il y en a beaucoup.
L'argent dépensé profiterait à bien plus de personnes.

En fait, Brioude possède une institution dont la gestion montre la voie : le cinéma. Une programmation équilibrée entre films grand public et Art et Essai, un ciné-club, des possibilités offertes aux associations pour des projections spéciales, et des tarifs normaux. C'est parfait.

Pourquoi ne pas s'en inspirer pour le reste ?

L.D.